En mission à Marseille, Stéphane témoigne sur RCF

Dans le cadre du déploiement des missions e’M, le patronage de l’Estaque a pu rouvrir en septembre 2024 après une année de fermeture.

Anne-Claire et Stéphane Defontaine, laïcs en mission auprès du diocèse de Marseille en tant que missionnaires e’M, ont pris la direction et l’animation de ce lieu. Stéphane décrit les enjeux de cette mission au micro de RCF, dans l’émission Cap ou Canap’.

Quelle est l'histoire de ce patronage ?

On trouve les traces d’un patronage à l’Estaque, quartier industriel et finalement assez déshérité, dès les années 90. Il a d’abord été géré par la Fondation Apprentis d’Auteuil dans les années 2000, à une époque où il y avait encore des bidonvilles à l’Estaque… Après une première fermeture entre 2011 et 2015, une association dédiée s’est créée. Ce patronage de l’Estaque a accueilli jusqu’à 90-100 enfants certaines années.

Un patronage, c’est « une bougie dans un territoire fragilisé« , où il est difficile de percevoir la présence chrétienne.

 

Anne-Claire et Stéphane Defontaine, missionnaires e'M au patronage de l'Estaque, à Marseille

Une mission en famille

Nous cherchions à unifier nos vies, pour échapper au piège du cloisonnement entre vie de travail, de famille et de foi. Avec nos quatre enfants, nous avons accepté de nous laisser déplacer puisque nous avons quitté Lisieux, en Normandie, pour Marseille, ce dont nous n’étions pas sûrs d’être capables… A l’issue du processus de discernement avec e’M, nous avons toutefois compris que nous étions appelés à mettre notre grande expérience de la jeunesse au service de la paroisse du Littoral et du Bassin de Séon qui cherchait un couple compétent pour permettre au patronage de rouvrir.

Quelles sont les activités proposées par le lieu ?

Notre fil rouge de l’année est celui des aventuriers : nous avons suivi le parcours de Christophe Colomb au cours du 1er trimestre, à travers des grands jeux, des travaux manuels, des moments de découvertes, la visite d’un musée, etc. L’idée est de permettre aux enfants et aux jeunes de « s’évader » un peu de leur quartier, car certains d’entre eux n’ont finalement pas toujours beaucoup d’occasions de le faire.

En quoi est-ce important d’être une présence chrétienne dans un quartier si loin du centre-ville ?

Il y a encore peu de temps, une bonne partie du quartier de l’Estaque correspondait à des friches industrielles. Le déclin de l’activité économique, y compris du port de pêche, a entraîné des fragilités économiques qui se traduisent par des logements insalubres ou vétustes mais aussi de grands ensembles dortoirs, cités ou autres, dans les quartiers limitrophes.

Toutefois, la situation économique s’améliore depuis une vingtaine d’année, il y a notamment une vraie vie de village dans le quartier historique de l’Estaque où nous sommes implantés et les habitants sont fiers de préserver et embellir ce lieu tourné vers la mer et riche d’une belle culture locale.

Dans le quartier historique, nous touchons toutes les personnes qui sont « héritières » des lieux soit parce qu’elles y sont nées, soit parce qu’elles ont vraiment décidé de s’y implanter. Dans ce contexte de grande mixité sociale, et quelles que soient les orientations culturelles ou spirituelles des personnes que nous touchons, nous sommes là pour accueillir chacun, enfants et parents, et sommes heureux et fiers de nous mettre au service des autres, tout simplement.

Retrouvez l’intégralité des témoignages des missionnaires de la promo #1 sur la chaîne Youtube des missions e’M.